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Ozcan, la muraille du Bosphore

2 décembre 2015 - 13:34

Il porte le maillot numéro 1 de Sarre-Union depuis cet été. Malgré son jeune âge et sa taille petit format, Koray Ozcan enchaîne les belles performances.

Depuis longtemps maintenant, il appartient à cette catégorie particulière de gardiens de but jugé avant même d’avoir joué. « C’est vrai que j’ai toujours dû convaincre, montrer deux fois ou trois fois plus que mes collègues, raconte Koray Ozcan, 20 ans depuis le premier jour du mois de février, qui retrouve très vite son sourire. Quand je suis arrivé ici, j’avais même un peu l’impression que certains me prenaient pour un gardien de district. »

« Quand je prends une décision, je fonce »

Plus sérieusement, il pense à raison qu’environ zéro personne lui faisait vraiment confiance, que son mètre 76 (tout de même) le confinerait et le condamnerait presque à rester en équipe réserve.

« Je le sentais presque intimement. Le coach, mes coéquipiers se posaient beaucoup de questions. Et moi-même, je m’en posais. C’est partout pareil. Mais ce que je ne supporterais pas, c’est qu’on me refuse sur CV à cause de mon gabarit. »

Lui qui était passé par le centre de formation d’Évian-Thonon-Gaillard, les mains polies par les leçons de David Barriac, avait quitté le cocon familial.

Les plats de Senjul, la maman, les conseils de son père, Yusuf, et des frères, tous footballeurs, tous gauchers. Et tous supporteurs d’un club turc différent.

« Quand j’ai annoncé mon choix de partir en Alsace, tout le monde était perplexe. Si j’avais écouté certaines personnes, je ne serais pas venu. Mais je sais ce que je veux. Et quand je prends une décision, je fonce. Ici, je vais tout perdre ou tout gagner. J’aime ça, je suis joueur. »

Alors, il s’est installé à Bischstroff-sur-Sarre, pas assez loin d’un coq qui le réveille encore parfois le matin ou de quelques chiens qui aboient fort. « C’est vrai que je me sens très seul, mais c’est mon choix », précise Koray Ozcan.

Depuis quelques semaines, qui commencent à devenir des mois, le Savoyard s’est fondu dans le paysage comme il cumule les performances de choix sur les prés de CFA.

« Pratiquant un sport collectif, je n’aime pas trop parler de mon cas personnel. Mais je prends de plus en plus de plaisir. Comme me l’a rappelé mon père samedi soir après le match à Mulhouse, il n’y a toutefois pas de quoi s’emporter. Juste de quoi se remettre au travail. »

Il est comme ça, le jeune Ozcan qui a commencé à courir derrière un ballon « avant de savoir vraiment marcher ». Travailleur infatigable, perfectionniste du moindre geste.

« Quand j’encaisse un but, je me demande toujours s’il y avait une solution pour l’éviter. Le match qui compte, c’est celui qui arrive, pas celui qu’on vient de jouer. »

Donc, le gardien sarre-unionnais est déjà concentré sur le match de ce dimanche face à Schirrhein. Et la Coupe de France, il la découvre seulement cette saison comme joueur, toujours avec appétit.

« J’avoue toutefois que j’avais pris le premier match de la compétition, à Geispolsheim, un peu à la légère. Et je me suis trompé. Là aussi, je progresse. On se prend vite au jeu. »

Quand il a vu Beckham et Ibrahimovic en vrai

Il raconte qu’il s’est déjà renseigné sur les joueurs schirrheinois en interrogeant ses partenaires de club, qui les ont affrontés ce dimanche en Excellence.

« Si on joue comme à Mulhouse ou à Lyon-Duchère, on passera, estime Koray Ozcan avant de rattraper ses mots dans la gorge. Mais si une équipe de CFA est capable d’en éliminer une de Ligue 1, une équipe d’Excellence peut en faire de même avec une formation de CFA. »

Et puis, il parle de ses souvenirs de spectateur quand l’ETG s’était faufilé jusqu’en finale en 2013 (contre Bordeaux) après avoir éliminé le Paris Saint-Germain en quart.

« C’est la première et seule fois que je voyais Ibrahimovic et Beckham en vrai. Le lendemain, je m’étais entraîné avec les pros. Je n’arrêtais pas de leur parler du match, de leur demander ce qu’ils en pensaient. Depuis ce jour, je suis la Coupe de France avec passion, je souris aux exploits des petits clubs. »

Dimanche soir, Koray Ozcan n’a pas envie de sourire à un possible exploit de Schirrhein. Il va continuer à travailler, s’amuser et stopper les « tentatives de lob » de ses coéquipiers lors des entraînements. Le gamin de Thonon-les-Bains veut juste grandir, pas en mettant des talonnettes façon “Sarko” ou en achetant « de très hauts crampons pas réglementaires du tout », mais en multipliant les tours de main. Il veut aller plus haut, plus loin.

Et la Coupe de France peut lui offrir une belle exposition, à condition qu’il soit à la (bonne) hauteur.

 

Source DNA.fr

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