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Focus sur Eric Becker

1 janvier 2016 - 14:02

Depuis un peu plus de six mois, après un passage long de six saisons à Reipertswiller, Éric Becker a pris ses habitudes sur le banc de touche de Sarre-Union. Rencontre avec un homme habité par le football.

Le maître d’école

Il dit que sa passion déborde parfois. « Je me rends compte que mes journées ne sont remplies que par le ballon rond. Avec ma femme, Isabelle, j’ai beaucoup de chance. » Ladite Isabelle, précisons-le vite, est également tombée dans le foot toute jeune : ancienne joueuse, ancienne entraîneure, toujours dirigeante à épauler son mari lors des matches de son équipe. Les deux se sont d’ailleurs rencontrés grâce au foot, à l’AS Sarreguemines, c’était en 2009.

« Je suis né dans un monde rempli de ballons »

Et Éric Becker y est toujours un éducateur salarié, après s’être occupé de l’équipe “Une”, désormais chargé du suivi des gamins en classes foot dans les établissements scolaires de la ville mosellane. « Dès que j’ai pu, je me suis formé pour enseigner le football, passant tous les diplômes nécessaires. »

C’est le moment de revenir au tout début de son histoire, démarrée la veille de Noël 1964, le jour de sa naissance à Thionville. « Je suis né dans un monde rempli de ballons », sourit Éric Becker, dont le papa (Roland) était le coéquipier d’un certain Carlo Molinari au FC Metz.

« Il s’est alors malheureusement cassé la jambe. À cette époque, on s’en remettait difficilement quand on prétendait à faire du sport de haut niveau. Il n’est jamais passé professionnel. »

Mais le virus, lui, n’avait pas manqué d’être transmis, comme on réalise avec grâce une passe décisive. « Mon père me suivait sans me pousser ni me rebuter. Ma maman, Claire, était plutôt occupée à me faire passer le bac. Et ma sœur s’est mariée avec un de mes anciens coéquipiers. »

Alors, c’est à Thionville qu’il joue depuis tout petiot. C’est là-bas, juste après le dépôt de bilan du club, rétrogradé de la L2 à la DH, que Pawel Chodakowski le lancera. « J’avais à peine 17 ans. J’étais frêle comme tout, j’étais heureux comme ça. Puis, d’un coup, j’ai beaucoup grandi. Et quand j’ai eu 21 ans, alors qu’on était remonté en Division 3 Nationale, j’ai décidé de tenter ma chance dans le monde professionnel. »

Grâce à un ami de son père, il avait trouvé un essai à Istres (D2), qu’il saura transformer.

« On devait me tester un mois. Au bout d’une semaine, je faisais l’affaire. Pour moi, c’était une fierté et un bonheur total. J’étais si content que je ne connaissais pas le prénom de mon premier coach là-bas. Enfin si, je l’appelais timidement Monsieur. C’était Monsieur Roussel, un mec à l’ancienne, assez bourru. »

Il raconte avoir appris « beaucoup de lui », comme de son successeur, plus tacticien, Alain Lorier. « Avec les Beaufreton, Hantz et Chaouch, on avait ennuyé Bordeaux et Strasbourg pour la montée en D1, dans notre groupe. On avait terminé troisième et perdu en match de barrage à Angers. »

Et puis, celui qui allait ensuite connaître Christian Gourcuff à Lorient, « un très grand Monsieur, humainement comme sportivement », était alors tombé amoureux de la Coupe de France, notamment lors d’un duel avec l’Olympique de Marseille de la grande époque, celle des Waddle, Papin, Deschamps, Pelé, Boli et Mozer.

« On venait d’éliminer Lyon aux tirs au but. Contre les Marseillais, il y avait 11 000 spectateurs. C’était de la folie. On avait perdu 2-1. On avait l’habitude de les croiser en match amical. Waddle était une idole absolue à l’époque, mais tellement abordable. »

« Les joueurs, quand on se rapproche du monde professionnel, deviennent trop égoïstes »

Cette année-là, la Coupe de France n’aura pas de vainqueur, déshabillée par le drame de Furiani, juste avant le coup d’envoi de Bastia - Marseille.

Après quelque 200 matches de championnat disputés dans le monde professionnel, un parcours achevé à Toulon, Éric Becker reviendra enseigner le football sur ses terres lorraines, à Sarreguemines plus précisément. Où il est donc éducateur salarié depuis 1994.

« Pendant ma carrière, j’ai passé tous mes diplômes pour avoir autre chose que mon bac, dit tout sourire le défenseur de caractère sur le champ, reconverti passeur de valeurs sur le banc. J’aime le côté humain de toute chose. »

Et il soutient en vous fixant les yeux que la Coupe de France transcende tout ça. « Je me souviens d’un septième tour face au Paris FC avec Sarreguemines. Le matin du match, notre pelouse était injouable, recouverte de dix centimètres de neige. On s’y est tous mis, les joueurs, les dirigeants, Isabelle et moi pour la rendre praticable. C’était un moment fort de rendre les choses possibles, même si on avait donné toute notre énergie ce matin-là et perdu le soir 3-0. En championnat, on aurait simplement remis la rencontre. »

Il raconte aussi qu’à Reipertswiller, « une aventure humaine fabuleuse longue de six ans avec des hauts, mais aussi des bas sportivement », son club avait emmené le Racing en prolongation la saison passée après avoir mené au score. Et il espère désormais emmener Sarre-Union en 16es de finale.

« Ce que je cherche, ce sont les frissons que le football procure. Aujourd’hui, j’ai souvent l’impression que les joueurs, quand on se rapproche du monde professionnel, deviennent trop égoïstes, perdent ces valeurs humaines. »

Lui, Éric Becker, quand il était entré pour la première fois dans le vestiaire des seniors de Thionville, avait demandé la permission de s’asseoir. Et était devenu une quinzaine d’années plus loin maître d’école.

Avec des règles à transmettre, sans compter son temps…

 

Source DNA.fr

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