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Focus sur Vianney Schermann

14 janvier 2016 - 17:12

Il n’est pas le plus vieux avec ses presque 29 ans, mais Vianney Schermann est le plus ancien au club. Le rescapé d’une époque où Sarre-Union était heureux de faire partie de l’élite régionale, quand aujourd’hui il s’apprête à défier Niort (Ligue 2).

Sang bleu

Il est étonnant de se dire que Vianney Schermann est arrivé un jour de l’été 2007 sur la pointe des pieds, lui qui fait beaucoup de bruit dans son couloir droit.

C’est peut-être pour ça qu’il n’a jamais cédé à aucune vogue capillaire, puisque essentiellement coiffé par le vent que ses foulées volontaires génèrent. Il avait à peine 20 ans, venait de Sarrebourg, où Roudy Keller l’avait pêché au deuxième niveau lorrain.

« On peut facilement me prendre pour un fou »

Depuis, Vianney Schermann a juste évolué, parce que le gamin a « d’abord eu soif d’apprendre et beaucoup de caractère », comme il le clame aisément.

« Jamais je n’aurais imaginé évoluer un jour en CFA, participer à deux montées, encore moins disputer un 16e de finale. J’en suis très fier. »

Avec la même fraîcheur de ton, il dit qu’il n’aimerait pas se retrouver face à son ombre sur un terrain. « On peut facilement me prendre pour un fou, pour quelqu’un qui fait constamment la gueule. » Alors qu’on se surprend à l’assimiler à un ange une fois rendu à la vie civile.

« Je suis un très mauvais perdant. Sur un terrain, j’ai la rage », insiste celui qu’on a parfois vu haranguer ses propres supporters, parfois trop négatifs. Il reprend son explication de texte. « Mon caractère, je le tiens aussi de mon père, Christian. Quand j’étais gamin, j’allais le voir jouer et il était comme je suis aujourd’hui. Un vrai teigneux. »

Et puis, c’est dans les pas de son papa qu’il avait vissé ses premiers crampons à Hommert, à quelque 400 mètres d’altitude. Là où le vent tente de plier en deux votre volonté, mais que vous continuez à porter le front haut malgré tout.

« Je dois beaucoup à mes parents, à ma maman, Francine. Ils m’ont trimballé partout dans leur voiture pour me permettre de jouer au football. Comme je dois beaucoup au reste de ma famille, et à Thierry Eschenbrenner, mon premier éducateur. »

Croyant, il se signe toujours avant un coup d’envoi, a une pensée émue pour Lucie, sa grand-mère paternelle trop tôt partie, dès qu’il marque un but. « Et je suis toujours le dernier des joueurs à arriver sur la pelouse. Quelques jeunes essaient de prendre ma place, mais je suis le plus ancien et je décide des choses », ponctue Vianney Schermann, une pointe de sourire qui éclaire son visage.

Une carrière inespérée

Depuis tant de temps, il est devenu indispensable, presque un modèle déposé de l’âme du club. Ceux qui l’aiment le suivent aveuglément, les autres n’ont pas le choix.

« Sur une pelouse, j’aime être un moteur. Celui qui ne renonce jamais. L’USSU est mon club de cœur. Et il a ma couleur préférée, le bleu. »

Sur sa carrière, il raconte n’avoir aucun regret, la jugeant inespérée une nouvelle fois. « Je suis l’un des rares à ne pas être passé par un centre de formation », ponctue le milieu offensif (ou arrière ou attaquant), juste passé par une classe de sports-études à Metz, tout en jouant une saison à Amnéville en jeunes Nationaux, avant d’aller retrouver ses potes à Sarrebourg.

« J’ai commencé en équipe première, j’avais dix-sept ans. Je ne m’imaginais pas ce qui allait suivre. Ça me rend fier, mais je partage cette fierté avec tous ceux qui m’ont accompagné jusqu’ici, qui m’ont aidé à être là. Et grâce auxquels je vais affronter Niort en Coupe de France. Ils sont fiers de moi, je suis fier d’eux. »

Contre Niort, tout le monde sera là, y compris Audrey et Barbaba, « deux amies d’enfance, presque de naissance », ses deux supportrices de toujours « qui découpent tout ce qui paraît sur moi ».

Jusqu’à mardi prochain, il ne veut rien changer à ses habitudes. Se lever tôt, aller travailler dans l’entreprise Bruder-Keller, celle du manager général du club. « J’y suis commercial en tôlerie. Je suis chargé du suivi et du développement de la clientèle, je m’occupe des devis. Je fais plus d’une quarantaine d’heures par semaine. Et, le soir, je file au terrain de football. »

« Je préfère cette vie-là. Je l’ai choisie »

Même s’il raconte envier parfois ses coéquipiers qui, pour la plupart, ne vivent que des rebonds du ballon, ses mots le rattrapent très vite. « J’ai fait des études pour les valoriser et pour m’en servir. Et j’ai besoin de remplir mes journées. C’est vrai que ça laisse très peu de temps libre, mais je préfère cette vie-là. Je l’ai choisie. »

Une vie qu’il qualifie de « calme, posée », rythmée par beaucoup de bonne humeur. « J’aime faire la fête, retrouver mes coéquipiers comme Thomas (Zerbini) , passer du temps à blaguer. Je suis résolument positif. »

Une vie qu’il a l’impression de prolonger quand il monte sur une pelouse, même s’il donne parfois l’impression d’y faire une drôle de tête. Et qu’il en sort au minimum rincé, comme le maillot qu’il arbore est à essorer. Il y va comme on entre dans une arène, mais toujours dans le rôle du taureau.

Vianney Schermann a toujours préféré se battre pour les causes perdues. Les victoires n’en sont que plus belles. Puisque écrites et polies à l’encre de son sang bleu.

 

Source DNA.fr

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