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Martial Riff, spectateur particulier

19 janvier 2016 - 07:23

Depuis quatre mois, Martial Riff est privé de foot, le genou droit en reconsolidation. Depuis autant de mois, il souffre de voir ses équipiers trimer en CFA comme il apprécie de les voir briller en Coupe de France.

Il était du voyage à Villefranche, mais seulement « dans le bus des supporters, pour vivre ça avec eux », alors qu’il aurait préféré être ailleurs, au milieu de ses copains de jeu. Leur qualification historique pour les 16es de finale, il l’avait d’ailleurs vécue très étrangement.

« Rater un truc que j’espérais vivre quand j’avais pris la décision de venir ici »

« Jusqu’au coup de sifflet final, j’étais heureux comme tout. Et puis, quand je suis allé voir les potes au vestiaire, j’ai pris conscience que je n’étais pas avec eux, que je ne m’étais pas battu avec eux. J’avais la sensation très personnelle de ne pas faire partie de l’aventure même s’ils me dédiaient avec gentillesse leur qualification », commence par dire Martial Riff, bientôt 26 ans d’âge, fin février.

« J’étais en train de rater un truc impossible, un truc que j’espérais vivre quand j’avais pris la décision de venir ici. Et de quitter le confort de Lille, où on me proposait un contrat amateur. »

Lui avait ainsi répondu oui à Roudy Keller quand le manager de l’USSU lui avait proposé de prendre la direction de Sarre-Union lors de l’été 2013.

« Je ne connaissais ce gros village que de nom, je n’y étais jamais passé. Le défi m’avait plu. Je m’étais donné deux saisons pour séduire un club professionnel », reprend l’ancien pensionnaire du centre de formation sochalien, par ailleurs capitaine de toutes les sélections de France, chez les jeunes. « Mais je n’ai pas eu d’offre concrète. »

Loin du confort offert par le football dont il aurait pu continuer à vivre, le titulaire du Bac S (et d’un diplôme d’éducateur) a alors vite voulu se reconvertir. Depuis le mois de juin, il est commercial pour Groupama.

« Je ne voulais pas me retrouver à 32 ans le bec dans l’eau. Je ne peux pas me le permettre, je veux fonder une famille. Au début, ça n’a pas été évident. Je changeais brutalement de vie. »

Aujourd’hui, son emploi lui remplit allègrement son temps, lui faisant alors oublier ses soucis.

« La journée, je n’ai ni le temps de penser au foot, ni à ma blessure. Le soir, tout devient plus compliqué quand je sais que l’équipe s’entraîne et que je suis loin d’elle. On est dans un petit club, sans salle de soins ou de musculation. Je ne vois mes coéquipiers que les jours de match », raconte Martial Riff, qui réside dans le quartier du Neudorf à Strasbourg.

Alors, on lui rappelle sans faire trop de bruit ce 19 septembre quand, à la 63e minute du match face à Jura Sud, son genou droit le lâchait.

« En fait, seuls quelques fibres le retenaient encore. Je m’étais psychologiquement préparé à la blessure, tout en espérant la subir à 35 ou à 40 ans. »

Depuis ce jour, régulièrement appelé par certains de ses coéquipiers (Yann Schneider, Yann Benedick, Thomas Zerbini et Jean-Philippe Djé notamment), ce milieu de terrain si précieux a la sensation de vivre à la marge de sa passion, presque déshabillé de ce maillot bleu qu’il aime porter. « Je me sens parfois très seul. Les mois de novembre et de décembre ont été pénibles. »

Il raconte qu’il s’est pris seul en main – une obligation plus qu’un choix – pour revenir le plus vite possible. Ce samedi, il est d’ailleurs allé nager le temps d’un match de football. Mardi, il sera dans les tribunes, comme un supporter lambda.

« La Coupe doit aider le club à grandir »

« Mes coéquipiers doivent s’éclater, en profiter. La Coupe de France, c’est un peu de lumière posée sur eux. Si ce sera un grand moment de la vie du club, elle ne doit pas s’arrêter ainsi. Mais, même si je dis ça en pensant un peu à ma pomme, rester en CFA est la priorité. Je ne me vois pas jouer en dessous. »

Martial Riff souffle que la Coupe de France doit aider ce club « à grandir, à avoir des installations à la hauteur de la passion de ses supporters et récompenser le temps passé par ses dirigeants », donc à attirer de nouveaux investisseurs.

Et il répète que la fréquentation des terrains de CFA lui vrille terriblement l’estomac.

« C’est vraiment frustrant quand tu sais que tu pourrais apporter des choses et qu’au final, tu ne sers à rien. On contemple et on ne fait pas le boulot. »

Au mois de mai, il rêve de courir plutôt que d’être de l’autre côté de la main courante. Il espère retrouver sa vraie place, juste devant sa défense. Et permettre à Sarre-Union de garder la sienne en CFA. Oui, ce serait bien.

 

Source DNA.fr

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