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Avant le match face à Chasselay: Les vrais contes de Noël

29 janvier 2016 - 16:52

S’il est l’entraîneur de Chasselay depuis décembre 2014 et « très heureux de faire partie d’un club familial », Noël Tosi reste l’un des plus excentriques, voire le plus étonnant, entraîneurs de l’hexagone. Samedi, il sera sur le banc de touche à Sarre-Union.

C’est un rêveur, doublé d’un pragmatique qui a gardé « verve et bonne humeur » de ses plus tendres années. La nuit, il se repose « cinq à six heures à dormir sans réfléchir du tout », mais il s’agite tout le reste de son temps.

« J’aime rire, m’amuser et blaguer. J’apprécie de faire sourire les gens, de leur offrir du bonheur. »

« Certains coaches aiment jouer à la pétanque, d’autres déguster du Chablis»

Ainsi, à 56 ans, il raconte qu’il est resté comme il était à 23, « quand mes cheveux étaient moins gris », et le ventre un peu moins arrondi. « Je suis quelqu’un d’atypique. Et ça m’a joué des tours, peut-être ne m’a-t-on pas toujours pris au sérieux», reprend Noël Tosi.

«Mais d’un autre côté, j’ai toujours eu un employeur, je n’ai jamais pointé au chômage. Comme quoi, je dois savoir vendre autre chose que de la lessive. »

Plus que tout autre entraîneur hexagonal, il a fait et défait ses valises. «Comme la vie d’un entraîneur dans un club varie généralement entre dix-huit et vingt-quatre mois, j’ai eu plusieurs vies. Et je me suis adapté à ces contraintes.»

Donc, on l’a vu gagner une Coupe de Californie (avec Sacramento), mais aussi exercer en Mauritanie, à Dijon, Cherbourg et Gueugnon où il lui arrivait de prendre sa guitare et de chanter (il a un compte à la Sacem) devant ses “administrés”, à Grenoble, à Angers ou Nîmes et à La Réunion (Saint-Pierre), sans oublier la sélection du Congo, ou Arles-Avignon. Entre autres destinations, puisqu’on recense 26 étapes pour nourrir autant son tour d’horizon que ses yeux.

« Je suis curieux de naissance. Mon papa m’a mis très vite un bouquin dans les mains. Il était commissaire de Police, notamment à Carpentras. La plus grande fierté de sa carrière était d’y avoir passé douze ans, sans procéder à aucune arrestation. Il racontait que les gens étaient si heureux d’être ensemble qu’il ne se passait rien. »

Forcément, Noël Tosi est vite devenu un humaniste avec ses joueurs, « se délectant des différences, composant avec », et se targue d’avoir connu près de 70% de victoires, remplissant la plupart des objectifs qui lui étaient fixés.

Le maintien de Chasselay en CFA en était un de plus la saison passée, avec six succès de rang notamment. « Ce sont mes joueurs qui me font choisir comment je vais les faire jouer. Je n’ai pas d’idées préconçues, évoluer en 4-4-2, en 4-3-3...»

Cela dit, il a vite « eu envie d’écrire », lui, le passionné de Donald Westlake, entre autres auteurs. « Je fais du smiling polar », sourit-il lui-même à sa blague.

Il en est à une bonne demi-douzaine d’écrits dont les titres ne laissent souvent aucune place à l’équivoque : Enquête à rebours, Meurtre à la cocotte-minute ou Fast Rewind, le très décapant Coktail Tibétain étant le dernier de la série.

Les 4, 5 et 6 février, il sera en représentation

« Certains coaches aiment jouer à la pétanque, d’autres déguster du Chablis, si vous voyez ce que je veux dire. Moi, c’est écrire et… monter sur scène. »

Voilà une autre parenthèse qui s’ouvre, en même temps que les rideaux d’un théâtre. « Sur les planches, je retrouve mes émotions de joueur, les mêmes sensations, éviter les faux pas, convaincre et gagner », décrit cet ancien gardien de but, envoyé par sa maman au foot pour lui éviter de prendre du ventre.

« Gamin aussi, on a habité Avignon. Avec mes parents, on allait au Festival. C’est comme l’écriture, quand tu vois des comédiens, t’as envie d’y aller. »

Donc, celui qui aime narrer qu’il est resté « Marxiste, tendance Groucho », monte régulièrement sur les planches, dans une cinquantaine de pièces jusqu’ici.

« Je ne dérange personne à faire ça. Ma passion première reste le foot. Mais, à partir de 21h30, je suis un autre et je donne la réplique dans une pièce que j’ai écrite. Là, je suis en représentation. »

D’ailleurs, les 4, 5 et 6 février, il sera sur la scène lyonnaise du théâtre de la Maison de Guignol pour “Des Merguez dans le Couscous”. Un titre normal pour le natif de Philippeville, une ville algérienne désormais rebaptisée Skikda.

« Si j’étais né à Sarre-Union, je l’aurais sûrement appelé “Des Saucisses dans la Choucroute”. Ça ne casse pas trois pattes à un canard intellectuellement, mais mon bonheur c’est d’entendre les gens rire. C’est très précieux à mes yeux. C’est du vrai bon théâtre de boulevard. »

Il est comme ça. Lui qui aime le football absolument, qui dévorait les livres offerts par son père avant de goûter à l’écriture, qui regardait les comédiens avant d’apprécier être vu, qui décortiquait les pièces de théâtre, avant d’en bâtir le scénario façon puzzle.

Il est comme ça, Noël Tosi, gourmand de tout et de petits riens. Curieux, passionnant autant que passionné. Un footballeur d’abord, d’accord.

Mais qui ponctue sa vie de virgules, de deux-points, de parenthèses, de tirets, de points-virgules ou d’exclamation, ou encore de suspension, etc..

Mais qui ne se résoudra jamais à poser un point final, ses yeux ne s’arrêtant jamais de voir la vie.

 

Source DNA.fr

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