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Témoin de la coupe de France: Roger Muhl

2 février 2016 - 10:41

Si Sarre-Union est le sixième club alsacien à disputer un 8e de finale de la Coupe de France depuis la création de l’épreuve en 1917, les “Pierrots” de Vauban y avaient goûté en 1964, Roger Muhl comme acteur, après le match le plus long de l’histoire de la compétition, disputé en quatre épisodes.
Le match le plus long

On était en 1969, le 29 juin précisément. Au Parc des Princes promis le lendemain aux pelleteuses pour devenir le magnifique écrin d’aujourd’hui, les Strasbourgeois venaient de remporter leur premier titre de champion de France amateurs.

Menés 0-2 après 67 minutes par l’Entente Bagneux-Fontainebleau-Nemours, les coéquipiers de Roger Muhl renversaient la vapeur (3-2).

« On avait été accueillis en héros à Strasbourg. La police avait même bloqué des rues pour nous permettre d’accéder au Romain, le restaurant où on fêtait nos succès », raconte celui qui, le jour du match, avait eu 32 ans.

Comme dans toutes les grandes occasions, Émile Stahl, le mécène du club strasbourgeois, avait «réglé l’addition royalement, prévu trop de bouteilles de champagne comme toujours, et offert mon gâteau d’anniversaire avec le 3 et le 2 ».

Mais la veille, comme dans toutes les grandes occasions, Roger avait enfilé son pull-over beige pour empêcher les ballons de passer derrière sa ligne de but.

Celui que Gilbert Wagner avait surnommé “La Forteresse Volante” dans les DNA pour sa propension à déployer vertigineusement son bon quintal, portait la même tenue cinq ans plus tôt.

Les cierges du Sacré-Cœur, les Bluebell Girls du Lido

Là, c’est Agde qui faisait face lors des 16es de finale de la Coupe de France, une compétion dont Émile Stahl avait fait sa maîtresse.

Un match qui avait commencé sans lui le 9 février 1964 à Montélimar, sur terrain neutre comme la règle l’imposait alors.

« Le match d’avant, j’avais été expulsé contre l’ASCA Wittelsheim. Je voulais séparer deux copains, l’arbitre a peut-être pensé que je voulais les assommer, sourit Roger. Monsieur Stahl, un homme généreux, qui m’avait ensuite permis d’avoir un terrain au meilleur prix pour y construire ma maison, m’avait dit : “Si on ne passe pas, ce sera de ta faute”. Mais il m’aimait beaucoup, j’étais très travailleur. »

Après 120 minutes, les deux équipes ne s’étaient pas départagées. Deux autres fois, à Dijon le 16, puis le 23 à Imphy, les deux équipes se quittaient encore sur le même score (1-1).

«J’étais mécanicien, je travaillais jusqu’à soixante heures par semaine, raconte l’homme aux mains fermes. On ne prenait pas de congés, on y allait en train. Une fois, on a croisé les joueurs du Racing. Quand Monsieur Stahl a vu qu’ils mangeaient des sandwiches, il a secoué la tête. Il nous payait le wagon-restaurant. »

Les “Pierrots” prendront le train une quatrième fois, pour Paris direction le stade de Saint-Ouen. Ils étaient partis le 28, pour jouer le lendemain.

Logés à l’hôtel Normandie, ils étaient allés dîner à la Brasserie de la Ville de Colmar, tout près de la gare de l’Est, comme le programme du week-end distribué aux joueurs le stipulait.

Quelques heures avant le match, ils avaient visité le Sacré-Cœur, peut-être allumé quelques cierges.

Et Roger Pirlet avait fini par qualifier les Alsaciens… après quatre matches et autant de prolongations (2-1). « On était fiers comme tout, vraiment. C’était la fête. »

Le match le plus long de l’histoire de la Coupe de France, débuté vingt jours auparavant, venait de prendre fin enfin.

On a instauré les tirs au but à cause de Vauban

En tenue appropriée exigée (costume sombre, chemise blanche), Émile Stahl avait ensuite emmené ses joueurs, « ses grands enfants » comme le précise avec émotion Marie-Thérèse, l’épouse de Roger, au Lido voir les Bluebell Girls.

« Je savais quand mon mari partait pour le stade, je ne savais jamais à quelle heure il rentrait. Ce club et Monsieur Stahl avaient le sens de la fête, parfois et trop souvent sans les femmes», s’amuse-t-elle à regretter.

« À cause de nous, les dirigeants de la fédération ont changé la règle de la Coupe de France et instauré les tirs au but. C’est une très grande fierté, raconte de toujours bonne humeur Roger. On a joué le tour suivant quelques jours plus tard seulement, et on a perdu sur un but très bête en prolongation. Un de mes coéquipiers a raté son dégagement et hop. »

C’était contre les professionnels du Red Star, un club qui évoluait déjà dans le stade Bauer où s’étaient qualifiés les Strasbourgeois. « Le plus cocasse, c’est que la finale de la Coupe d’Alsace pour laquelle nous étions qualifiés a été reportée au mois de septembre. À cause de tous nos matches en retard à disputer. » Pour la petite histoire, le FC Mulhouse s’était imposé.

Mais menés par l’extraordinaire Paco Mateo, Roger Muhl et ses copains, les Sublon, Siefert, Kieffer, Jonier, Eberhardt, Gall, Yordey, Pirlet, Hausser (Hubert), Yvars et autres Schurer avaient déjà écrit la grande.

Une tendresse particulière

Aujourd’hui, à 78 ans, l’ancien gardien de but regarde le football devant sa télévision, avec une tendresse particulière pour la Coupe de France. « Et je suis toujours pour le petit », souffle-t-il, le regard clair. En agitant ses mains qui, un jour de 1964, ont détourné tant de ballons qu’elles ont écrit une belle histoire.

 

Source DNA.fr

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