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Focus sur Yann Benedick

4 février 2016 - 13:27

En galère à la fin de son contrat pro avec Reims, Yann Benedick mord à pleines dents dans le plaisir retrouvé à l’US Sarre-Union. Il retrouve le terrain, vit une incroyable aventure en Coupe, peut voir plus loin.

Le joli rebond

Les grincheux rappelleront qu’il a raté deux belles occasions face à Niort, en 16e de finale. Mais les connaisseurs n’oublieront jamais qu’avec un appel dans la profondeur conclu d’un lob un brin imprécis et un coup de rein enchaîné d’une frappe à côté, il a donné le ton pour le petit amateur face au professionnel.

Yann Benedick, le Strasbourgeois pur sucre, l’attaquant à la technique subtile et à la vivacité diabolique, n’est pas toujours là où on l’attend. Quelque part, le retrouver à Sarre-Union est un peu une anomalie. Mais l’ancien pensionnaire du centre de formation du Racing ne boude pas son plaisir. L’USSU, pour lui, ça rime avec bénédiction.

« Pas d’ego comme dans le monde pro »

Dans l’impasse à l’été 2015 après un contrat pro de quatre ans à Reims, le joueur de 24 ans n’a pas hésité longtemps avant de revenir au bercail. Ou tout du moins à 70 kilomètres au nord. La diaspora strasbourgeoise a œuvré.

« Yann Schneider, Thomas Zerbini, Jean-Philippe Djé, je les connaissais tous, souligne-t-il. On n’est pas de la même génération, mais on a vécu le même parcours au centre de formation. »

Planté par son agent, il redécouvre le plaisir simple d’un club où on n’est pas du genre à se pendre la tête. « J’ai appelé différents clubs de la région qui n’ont pas donné suite, explique-t-il. Il y a seulement l’US Sarre-Union qui m’a dit de venir m’entraîner. »

Le contact a été fructueux. « On m’a dit qu’il y avait peut-être une place pour moi. » Yann Benedick, depuis, ne manque pas de l’occuper.

Et cela ressemble à un deal « gagnant-gagnant ». En revenant un peu plus près de la base, l’international… militaire – il a participé aux championnats du monde l’été dernier – a retrouvé quelques saveurs passées. Ce n’est pas que le monde pro connu en Champagne l’a refroidi dans sa passion foot.

« Je suis là pour me relancer, souligne-t-il. Je ne me vois pas comme Vianney Schermann qui est là depuis près de dix ans, même si je me plais vraiment dans ce club. Il y a une belle ambiance dans le groupe. Il n’y a pas d’ego comme dans le monde pro, pas une rivalité interne comme j’ai pu la connaître à Reims. Il y a moins de pression médiatique au quotidien. Je retrouve le plaisir de jouer et j’espère que ça se voit. »

L’aventure Coupe ne manque pas de le nourrir. Faire la nique, dans la peau du petit, au gros qui déboule, c’est quand même jubilatoire. Quand on a pu vivre les affiches dans le camp du favori, c’est peut-être encore meilleur.

« Des souvenirs de Coupe de France, d’avant, je n’en ai gardé aucun, franchement, explique-t-il. Je n’ai jamais senti de tels sentiments avec le Racing ou avec Reims. Là, avec le match de Niort, il y a des moments qui resteront longtemps dans les têtes. C’est quelque chose d’inédit pour le club. On est resté pendant quelques jours dans notre bulle parce que cette qualification, c’était beau. Le public de Sarre-Union est très exigeant. Et là, il était vraiment présent. »

Il ne s’agit pas non plus de tout gâcher. En championnat, l’USSU est en galère, en position de relégable.

La Coupe est une source d’inspiration. La fin de saison sarre-unionnaise ne se résume pas à un match, celui de Lorient dans quelques jours.

« On a réussi un match référence, on a montré qu’on avait le niveau, on a prouvé qu’il y avait plusieurs équipes qu’on doit prendre en CFA, considère-t-il. Le petit problème, c’est qu’on va être à fond sur la Coupe. Ça nous demande de l’énergie. »

Le rendez-vous de Lorient obnubile les attentions. L’attaquant en salive à l’avance : « Pour le tirage, on attendait une Ligue 1, à domicile et on l’a eue. Ce sera un match compliqué puisqu’on connaît la mentalité de Lorient, à l’image de Christian Gourcuff qui a façonné ce club. »

Il y a l’exceptionnelle attente médiatique, il y a l’espoir d’être à la hauteur, il y a un sommet que ne veut pas manquer le garçon à la tête bien faite et bien pleine, un baccalauréat au fond de la poche, une lucidité par rapport à sa situation. Il a connu le monde pro, « les trois kinés dans le vestiaire à Reims, le rendez-vous chez le médecin obtenu le jour même ».

Deux ans pour réussir dans le foot

Il l’a quitté sur une succession de blessures cruelle. « Je me donne encore deux ans à me consacrer uniquement au foot », conclut celui qui a fait l’acquisition d’un appartement à la Ganzau, en bordure de forêt, avec ses économies.

Yann Benedick ne regrette pas l’exploration d’un coin singulier d’Alsace où l’a conduit son amour du ballon rond et avec lequel il veut continuer de rêver.

« Pour ce 16e , on aura notre public, on aura nos repères, ce sera les mêmes conditions que contre Niort. Si ça pouvait être le même résultat… »

 

Source DNA.fr

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