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Focus sur Evander Moreira

5 février 2016 - 10:59

Contre Niort, lors du tour précédent, Evander Moreira s’était jeté à corps perdu sur un ballon qui prenait le chemin de ses filets. Celui qui file vers ses 22 ans (fin août) veut surtout rattraper le temps perdu.

Les caps d’Evander

Il a un prénom qui rappelle l’un des derniers très grands boxeurs de l’histoire du noble art, pas un de ces maladroits qui n’ont plus celui de l’esquive, mais juste celui de compter les liasses de dollars qui finiront par les mettre au tapis de l’arrogance.

« Mon père rêvait d’avoir un fils boxeur, alors il m’a donné le même prénom qu’Holyfield. »

Ça n’empêchera pas José Luis de devenir et de rester le premier supporter de son fils quand il préférera plutôt frapper dans une balle du côté du Gazelec de Nice, dans les quartiers Est.

« T’es heureux et en même temps jaloux »

« J’allais voir jouer mon cousin, Valdano, qui a deux ans de plus que moi. Et j’ai de plus en plus “kiffé” le football. Alors, mon oncle, José Antonio, m’a inscrit. »

Au début, Evander Moreira sera attaquant ou milieu offensif, il le restera quand il ira rejoindre l’AS Monaco après avoir posé sa candidature. Il avait tout juste treize ans. « C’était l’époque de la Ligue des Champions avec Prso ou Giuly. J’allais parfois voir leurs matches. »

Et puis, l’OGC Nice lui fera les yeux doux, en fera un latéral côté gauche à quinze ans. « Je dois beaucoup à Manuel Pirès et à Thierry Malaspina. Le premier m’a beaucoup apporté sur le plan du jeu, le deuxième m’appelait “mon fils”. Ça veut tout dire. »

Mais c’est le premier qui le convoquera, son père et lui, dans son bureau pour lui signifier un jour de 2014 qu’il ne passerait pas professionnel. « Même si tu t’y attends parce que tu as plus souvent été blessé que joueur, ça fait mal à entendre. »

Il le souffle d’une voix si douce que les lettres ont du mal à sortir de ses lèvres : son père « avait semblé plus déçu » que lui tant il « espérait des choses, à force de me suivre et de me véhiculer partout ».

Il parle de cette maudite fracture du péroné subie lors d’un entraînement trop rugueux, un jour de mars 2012. « J’avais la haine », ponctue celui qui a un frère et trois sœurs.

Donc, il évoque forcément cette Coupe Gambardella commencée sur les pelouses, terminée dans les tribunes du Stade de France à voir les copains la gagner pour la première fois de l’histoire du club. C’était seulement quelques semaines plus loin. « T’es heureux et en même temps jaloux. Tu sais que tu aurais dû être sur la pelouse. On battait tout le monde, on avait une génération de folie. »

Pour quelques-uns de ses coéquipiers – Bosetti, Maupay, Hassen ou Koziello –, le meilleur commencera. Pour Evander Moreira, il n’y aura pour seules récoltes que les galères d’un apprenti footballeur dont l’outil ne fonctionne plus vraiment.

« À cause de cette fracture, j’ai connu pas mal de blessures musculaires, comme des soucis aux chevilles. Il faut parfois un peu de chance. »

Il vous dit ça, dans son sourire qui fait toutefois penser à une grimace. « J’étais formaté école niçoise, à la dure. Avec une mentalité particulière. Ma fierté, quand j’avais quinze ans, c’était d’être ramasseur de balles au stade du Ray. »

Lui, qui était impressionné par Emerse Faé, n’en verra jamais les lumières, estimé pas assez comme ci, considéré trop comme ça.

« J’avais froid, je me demandais où j’avais mis les pieds »

« Manuel Pirès, qui était désolé, m’avait dit que mon profil ne correspondait pas à ce que Claude Puel recherchait », explique ainsi Evander Moreira, qui aura toutefois eu le temps de réussir son Bac STG au rattrapage.

Pour le football, même si le jeune homme de vingt-et-un ans est très croyant, aucun miracle ne viendra, pas plus d’oral auquel se raccrocher.

« Je rêve toujours de devenir professionnel, mais je sais que j’ai encore du travail à accomplir. Et comme je voulais que ce soit dur, j’ai préféré m’éloigner de ma famille et de mes copains. Je suis trop influençable », sourit Evander Moreira, issu d’une famille originaire du Cap-Vert et du Sénégal.

Alors, son agent lui a trouvé Sarre-Union, lui expliquant que « ce n’était pas loin de Strasbourg ». « Au début, j’avoue que c’était très difficile. J’avais froid, je me demandais où j’avais mis les pieds. »

On a beau avoir un oncle à Duppigheim, Evander Moreira avait mis loin de lui mer et mère (Maria Teresa). « Je vis à Strasbourg avec Yoann Salmier (défenseur du Racing, ndlr) , dont le meilleur ami, est un de mes cousins. Je suis tombé dans un club très familial. Même si on entend les gens grogner quand on fait une passe en retrait, je m’y plais beaucoup », rigole le latéral gauche, auteur d’un sauvetage décisif face à Niort, « un geste chanceux, mais d’abord collectif ».

Il dit qu’il est « heureux de jouer devant autant de spectateurs, cinq fois plus que si j’étais resté dans le sud », dit qu’il a retrouvé le plaisir de jouer.

« À Nice, je n’avais jamais pu vraiment jouer en CFA. Là, j’ai enfin l’occasion de faire mes preuves. » Avant de penser à Lorient, il assure qu’il ne supporterait pas de « voir Sarre-Union tomber en CFA 2 ».

Alors, celui à qui son papa veut donner la double nationalité, capverdienne après la française, a d’abord mis le cap sur le maintien.

Même si la Coupe de France lui fait détourner les yeux. Et qu’il n’a pas envie d’esquiver le coup à jouer…

 

Source DNA.fr

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