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Témoin de la coupe de France: Hervé Milazzo

8 février 2016 - 09:13

Hervé Milazzo a vécu les plus belle heures du FC Mulhouse en Coupe de France. Il est ému d’en reparler.

« L’événement te porte »

Une première, cela ne s’oublie pas. Sa vie en Coupe de France, Hervé Milazzo l’a démarrée à l’envers, dans la cage. Rentré, lui, le jeune stagiaire, au milieu du FC Mulhouse face à Saint-Lô, en un 16e disputé à Viré, le 4 février 1995, il ressort héros de la patrie, gants et ballon en main, après la séance des tirs au but (1-1, 4-2).

«Tu reçois des SMS, enfin non, ça n’existait pas, des coups de fil...»

Le titulaire, Gilles Bourges, est expulsé en pleine prolongation et c’est lui qui file au but. « Bernard (Genghini, alors l’entraîneur) m’avait juste dit : “En général, les joueurs techniques ouvrent le pied.” J’avais repéré les gars en question, j’ai sauté du bon côté. »

Il intercepte trois tirs, dont l’un est à retirer, et à nouveau stoppé. Il qualifie son équipe.

« J’avais 19 ans, je n’ai pas calculé, ni trop réfléchi. J’étais la star, Bernard (Genghini, toujours) m’a dit un truc que je n’ai jamais oublié : “Le jour où tu auras autant de monde autour de toi après un match dans le champ, tu auras réussi.” Sur le coup, ça m’avait choqué, avec le recul, il avait raison. D’ailleurs, le match d’après, j’étais remplaçant celui d’après, je n’étais même pas dans l’équipe. »

Les années ont passé, le souvenir est intact, il le classe en tête de son top “Coupe de France”.

Devant le Guingamp - Mulhouse de 1998 (le 20 mars), un quart de finale pourtant. « Aussi bizarre que ça puisse paraître, je n’ai pris aucun plaisir dans ce match-là. À l’échauffement, dès le premier ballon, je me fais une pointe derrière la cuisse et j’ai joué en serrant les dents. Je n’ai pas pu appuyer, une vraie souffrance. »

Le FCM est sorti (1-0), sur un but planté à la dernière minute, alors qu’Hervé Milazzo est sorti depuis une quinzaine de minutes. « Une grosse frustration », se souvient le garçon.

Mulhouse termine là sa plus belle épopée. Les Alsaciens sortent alors du jeu Auxerre (2-1) puis Cannes (2-0), deux barons de la D1. Au fil des exploits, le FCM perd pied en championnat, dans une D2 que le club quitte en fin d’exercice.

« Tu es en pleine euphorie, à un moment donné, avant le “quart”, tu réalises qu’il reste huit équipes et que tu en fais partie. On parle de toi dans L’Équipe et plus seulement dans la presse locale. Tu reçois des SMS, enfin non, ça n’existait pas, des coups de fil (sourire) … »

Le jeune homme qu’il est encore, ne s’en rend pas compte, mais ces moments sont uniques. « Quand tu gagnes un 8e de finale à vingt ans (23 en fait) , tu crées l’exploit, mais tu ne penses pas que ça peut devenir simplement historique. » Le FCM n’a jamais voyagé aussi loin en Coupe de France que ce quart de finale de 1998.

« Quand tu es dedans, tu ne sais pas trop ce qui t’arrive, mais là, quinze ans après… »

« À cet âge, tu es sûr que tu en as encore pour quinze ans, pas forcément que tu ne revivras peut-être jamais ça ! » Lui y regoûtera avec Grenoble, en 2001 (2-4 face à Troyes).

« Je me suis toujours rendu compte de la chance que j’avais, celle de se lever le matin et gagner de l’argent avec sa passion. Quand on n’a pas une qualité hors normes, la base reste le travail. Tes sacrifices, tes efforts, tu les fais pour vivre des moments comme ça. »

S’il n’est pas sur le terrain à Cannes, en 8e de finale, parce que blessé – « Il y avait dix à quinze absents, les gars ont réussi un véritable exploit » –, il garde au fond du cœur le 32e du 7 février (1998, toujours) face à Auxerre (2-1 ap) au Stade de l’Ill. « C’était plein, c’était la grande époque de Guy Roux. Du pur plaisir. »

Dans sa zone, il avait Sabri Lamouchi, alors en lice pour le Mondial domestique, pour vis-à-vis. « Il y a des matches, comme ça, où tu marches sur l’eau. Sur un but, j’étais tellement content que je saute dans les bras de Gharib (Amzine) et le cogne contre le premier poteau du but. J’étais tellement heureux que je lui ai fait mal. »

Rien de grave. « Le truc, en Coupe de France, quand tu es challenger, c’est d’être bien en place et, en même temps, avoir un grain de folie. Sans cela, il ne se passe rien. Après, il faut se conditionner : même si tu sais que tu ne pourras jamais prendre la place en équipe de France d’un Lamouchi, sur un match, parce que tu as la chance de te confronter à lui, tu dois te surpasser. » Voilà ce qui s’appelle respecter l’adversaire.

Le FCM y laisse toute son énergie, dégringole en National, « mais en Coupe de France, il y a un tel enthousiasme, l’événement te porte ».

« Quand tu es dedans, tu ne sais pas trop ce qui t’arrive, mais là, quinze ans après (18) , d’en reparler, ça te fait remonter des tas d’émotions.

« Tu réalises l’impact que cela a pu avoir. Avant de la connaître, tu ne peux pas savoir la force de la Coupe de France, qui te change de la routine du championnat, te fait découvrir d’autres équipes, d’autres mondes, d’autres niveaux. Ces moments qu’il faut savoir prendre pleinement.

« Parce que tu ne reconnaîtras peut-être plus jamais ça. Après, avec du panache, sur 90 ou 120’… En foot, il y a des trucs inexplicables, que tu ne gères pas. C’est ce qui est beau. »

 

Source DNA.fr

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