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Focus sur Mehdi Ouadah

9 février 2016 - 18:28

Il est l’un des joueurs qui passe le plus clair de son temps sur le banc de touche, comme samedi face à Auxerre. Mehdi Ouadah ne désespère pas de convaincre Éric Becker, son coach, de changer d’avis.

Il prétend avec son sourire comme ponctuation que personne ne l’a forcé à galoper sur un terrain de football. On va juste en conclure qu’il avait des prédispositions.

« Quand j’étais gamin, j’étais toujours derrière mon père ou derrière le bloc où on habitait », clame ainsi Mehdi Ouadah de bonne humeur.

Le papa, c’est Mohamed, un sacré bon footballeur de CFA, ancien coach de Sarre-Union aussi, frère de Nasser l’ancien professionnel aux quelque 400 matches, et de Missoun, autre fan du jeu à onze.

« Comme elle savait que j’allais tacler, plonger et courir où que je sois, je portais de vieux joggings »

Le bloc, c’est celui de la petite cité de “Far” (pour Farebersviller) qui a éclairé sa prime enfance. « Il y avait un city-stade juste derrière l’immeuble. Et je suivais partout mon père. J’avais à peine trois ans, j’étais déjà dans un club, à la SG Marienau-Forbach, je m’amusais avec les débutants. »

Bien sûr, il y a toujours eu l’école, « plus importante que le ballon » pour Rita la maman, et Mohamed le matheux.

« Comme elle savait que j’allais tacler, plonger et courir où que je sois, je portais de vieux joggings, rigole Mehdi. J’avais aussi mon ballon en mousse à la maison. Même avec lui, je cassais pas mal de choses. Alors, elle me le cachait. Mais dès que j’ai su utiliser l’escabeau, je le retrouvais. »

C’est dans cette ambiance studieuse que ce milieu de terrain élégant avait grandi. « J’ai eu mon père comme coach. Il était plus dur avec moi qu’avec mes coéquipiers. Il n’avait pas hésité à me mettre en équipe trois. J’avais dû refaire mes preuves pour retrouver ma place dans la sienne. »

Il avait alors treize ans, était le premier spectateur des matches de son papa à l’Hôpital (CFA), mais un peu plus tard, Mehdi Ouadah ne sera pas assez grand pour le FC Metz.

Une taille insuffisante

« J’avais débuté en DH à seize ans et j’ai été repéré. J’ai passé deux semaines en test. Ils étaient contents de moi, pas de ma taille. Pour eux, mesurer un mètre soixante-cinq était insuffisant. »

Il réussira son Bac évidemment, commencera un BTS avant de passer des diplômes d’éducateur sportif, mais la sanction du club mosellan l’avait touché. Et puis, il avait décidé de rebondir comme ce ballon qu’il aime poursuivre des yeux et des jambes.

Ce sera Forbach pour un formidable 32e de finale de Coupe de France face au Lille de Gervinho et d’Eden Hazard, futur vainqueur de l’épreuve (1-3) en janvier 2011, « devant six mille spectateurs », puis Saint-Avold où son talent s’étalera sur les prairies quand ses statistiques grifferont les feuilles de match. 13 buts, 12 passes décisives en une saison.

Alors, à l’été 2014, il avait rejoint Sarre-Union, le club que son père avait entraîné de 2006 à 2008, commençant à le « professionnaliser » par son regard précurseur.

Depuis, Mehdi Ouadah passe pas mal de temps sur le banc de touche, à faire des ricochets par l’équipe réserve.

« C’est dur d’être remplaçant. Tu t’entraînes comme les autres, parfois plus pour te montrer », raconte le jeune homme de 24 ans, d’abord éducateur dans une association d’insertion, désormais surveillant dans un collège d’Hommarting pour pouvoir répondre aux exigences du CFA.

« Quand tu entres en jeu, même deux minutes, tu dois être très performant. Mais tu peux aussi aller à Yzeure, Villefranche ou Lyon pour rester assis. »

Rarement titulaire (deux fois en CFA cette saison, une fois en Coupe), toujours assis, parfois rentrant, Mehdi Ouadah fait preuve de patience, essayant de ne pas perdre confiance.

« C’est le risque, reconnaît-il. On est là pour bouger les autres à l’entraînement en espérant convaincre le coach qu’il a tort de ne pas nous aligner. Tu as l’impression de construire une phrase toute la semaine, mais que tu n’y mets pas de point final le samedi quand le match commence. »

Il a la franchise de souffler qu’il se « pose des questions », comme il a celle de dire qu’il regarde ses coéquipiers jouer sans stress.

« Je n’en ai jamais, que je sois sur la pelouse ou pas. Un remplaçant est là pour être prêt à entrer en jeu, analyser les choses, rassurer ses copains à la pause. Et j’avoue qu’il nous arrive de rire devant certains faits de jeu. »

« On a la sensation de ne pas totalement faire partie de l’aventure »

Contre Niort, comme souvent, il avait espéré entrer en jeu, « ne serait-ce que quelques secondes », mais Vianney Schermann en avait décidé autrement en inscrivant le but décisif, quelques instants avant la prolongation promise.

« Comme les potes, parce qu’on est bien ensemble, on avait fêté la qualification, mais il y a toujours… un mais. On a la sensation de ne pas totalement faire partie de l’aventure. Les gens ne retiendront pas notre nom. »

Celui qui avoue « invoquer Dieu » pour que personne ne se blesse a l’impression de ne pas être titulaire de ses émotions, de trop dépendre de celles des autres.

Heureusement, quand il parle du fils de sept mois (Waïl) que Sabrina lui a offert, il les retrouve. Le gamin a déjà un petit ballon en cuir siglé PSG et un but miniature.

« Dès qu’il pourra tenir debout… », assure Mehdi Ouadah, coupant net sa phrase, promettant de ne pas l’obliger à devenir footballeur. Il a alors rigolé.

 

Soruce DNA.fr

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