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Rencontre avec René Whilhelm, fidèle supporter de l'USSU

17 février 2016 - 11:36

René Wilhelm est supporter de l’Union sportive de Sarre-Union (USSU) depuis… 62 ans ! Histoire d’une vie entière vouée à la passion du ballon rond.

« J’ai signé ma première licence comme cadet en 1954. J’avais 14 ans. Le club existait depuis trente ans, il avait déjà deux équipes. Nous avons été la toute première équipe junior du secteur. Nos adversaires les plus proches étaient Saverne, Schwindratzheim et Dossenheim. Sinon, il fallait aller plus loin, vers Strasbourg », se rappelle René Wilhelm.

« Les terrains, c’était des champs »

À l’époque, c’est son grand frère qui lui fait découvrir le ballon rond, comme à ses deux autres frères. Paul partira plus tard jouer à Harskirchen, René, Roger et Claude resteront fidèles à Sarre-Union. Les copains de classe aussi se procurent une licence, et bientôt toute la jeunesse sarre-unionnaise se donne rendez-vous sur le terrain.

Ce qui n’était qu’un hobby en famille prend rapidement beaucoup de place chez les Wilhelm. Deux ans plus tard, son grand frère décède dans un accident de moto. Comme un ultime hommage, René consacrera dès lors tout son temps libre au football. Entre rires et larmes, l’émotion le submerge lorsqu’il évoque ses souvenirs. « Le football, ce n’était pas comme maintenant ! Les terrains, c’était des champs. Nous, on jouait à la Axmatt, il n’y avait pas de stade omnisports. C’est vrai que c’était inondé en hiver, et nous n’avions pas de vestiaires, pas de douches, mais quand même, c’était un des plus beaux terrains de la région ! »

Une franche camaraderie

Mathis à Sarre-Union, Sene à Harskirchen, Graeff à Diedendorf… Les joueurs, à peine le match terminé, couraient au restaurant le plus proche pour se laver dans des bassines. Le premier arrivé avait droit à de l’eau claire. « C’est le Lion d’or à Sarre-Union qui a installé les premiers vestiaires avec douches dans les années 80 », se souvient René.

René garde surtout le souvenir de la franche camaraderie qui unissait les footballeurs : « Nous étions tous ensemble, tout le temps. Les joueurs étaient plus liés que maintenant, même en dehors du terrain. Aujourd’hui, tout le monde a sa voiture, alors chacun part de son côté après les entraînements. Avant, on restait boire un coup ou deux ! »

Le match qui a profondément marqué l’esprit de René, surnommé Médé, date de 1956. « On jouait une finale junior contre Strasbourg. J’avais 16 ans, j’étais impressionné parce qu’en face, les joueurs étaient en Nationale, et même professionnels pour certains. On a pris 12-0, mais on a parlé longtemps de ce match ! »

« Je vais aussi voir les autres clubs. Sauf Strasbourg ! »

Plus tard, après un désaccord sur le terrain, René décidera qu’il n’ira plus voir jouer Strasbourg. Il se souvient aussi d’une éternelle rivalité entre les clubs de Sarre-Union, Diemeringen, Drulingen et Sarrewerden. « C’est toujours le cas maintenant ! », s’amuse-t-il. « Mais quand Sarre-Union est à l’extérieur, je vais aussi voir les autres clubs. Sauf Strasbourg ! »

La camaraderie se forge également à travers les querelles au sein des clubs. Au fil de ses mésententes, René a rejoint les rangs d’Altwiller, Harskirchen, Diedendorf, avant de revenir à Sarre-Union dans les années 80. Les amours footballistiques sont tout aussi passionnées que les relations humaines chez Médé !

En contemplant la photo de l’équipe de la saison 82-83 qui trône dans son garage transformé en musée à la gloire de l’USSU, ses yeux se remplissent d’étoiles. « Ça, c’était une sacrée équipe ! » La coupe hirsute, à la mode à l’époque, son type de jeu et son poste de défenseur latéral lui ont valu d’être un temps appelé « Breitner », comme l’emblématique footballeur allemand.

René a raccroché les crampons à l’âge de 50 ans, mais continue à faire partie de la vie du club. « Quelques fois, il y a encore des embrouilles ! Alors je claque la porte en disant que j’arrête tout. Mais il y a toujours quelqu’un qui me dit « Yo Médé, allez viens ! », alors j’y retourne. Le stade n’est pas loin de chez moi et puis je connais tout le monde. »

La mémoire vivante du club

Il voue une admiration à Roudy Keller, directeur sportif depuis 1993, président en 2000. « Avant lui, Sarre-Union avait gagné quelques coupes d’Alsace Bossue, mais c’est quand Roudy est arrivé que l’équipe a commencé à monter. C’est la première fois que le club atteint ce niveau. Quand il partira, ce sera une grande perte pour le club. » Le supporter est la mémoire vivante de l’USSU. Il cite aussi Jean-Pierre Clauss et Marcel Schwarz parmi les plus anciens du club. « Je garde tous les résultats publiés dans les Dernières Nouvelles d’Alsace depuis 2002, et je vais voir tous les matchs des équipes 1, 2, et même 3 ou ceux des filles quand j’ai le temps. »

Les enfants de René aussi sont bien évidemment des adeptes du ballon rond. Didier, 53 ans, est un ancien de Sarre-Union et évolue maintenant à l’ASI Avenir. Johnny, 52 ans, tape le ballon avec l’équipe de sa société, et fut champion du Bas-Rhin avec les cadets de Sarre-Union en son temps. « Ma fille aussi avait commencé, mais elle a arrêté. »

 

Source DNA.fr

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