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Focus sur Adel Benchenane et sa patte de velours

9 avril 2016 - 11:35

Il est milieu de terrain offensif à Sarre-Union. Son style de jeu épuré agace parfois, mais Adel Benchenane, déjà auteur de six passes décisives, veut se faire doucement violence face à La Duchère samedi.

Adel, le croyant

Son élégance est si singulière qu’elle peut donner l’impression de s’étirer jusqu’à la nonchalance.

Alors, on peut effectivement reprocher à Adel Benchenane sa facilité de façade, sa volonté farouche même de ne jamais martyriser un ballon. Puisqu’il lui est plus un camarade de jeu qu’un objet dénué d’âme.

« Tu te persuades que ton style de jeu ne peut pas plaire à tout le monde »

« Quand tu es passé par le Racing, tu as l’habitude des critiques, rapporte celui dont le dos transpire du numéro 10 les jours de match. Si elles sont positives, elles t’aident à grandir, à t’améliorer. Quand elles sont insultantes, elles te passent au-dessus de la tête. Tu apprends à en faire abstraction. Tu fais avec plutôt. Et tu te persuades que ton style de jeu ne peut pas plaire à tout le monde. »

Ainsi, il évoque bien sûr le public de Sarre-Union, son visage étant perceptiblement traversé d’un sourire, peut-être nerveux. « Quand j’ai signé là-bas, je connaissais le club de nom, également une grande partie de mes coéquipiers. Mais je n’avais pas idée de cette passion, parfois excessive. »

Il découvre les choses, les yeux grands ouverts parfois, les oreilles bien fermées parfois. « Le côté plaisant, c’est de jouer devant autant de spectateurs. Mais on ne se sent pas assez soutenus. Si les gens nous encourageaient vraiment, cela nous donnerait une petite force en plus. Il y aurait moins cette peur de mal faire. »

Le Mulhousien de 24 ans exprime brusquement ce qu’il pense, sans que sa voix ne se déshabille de son habituelle douceur.

Il raconte surtout que le football est sa passion, lui qui a commencé par suivre sa maman au gymnase de Pfastatt… où elle était entraîneur(e) de basket. Il avait alors repéré des petits buts, donc d’autres filets à faire frissonner.

Puis il y avait eu Bartenheim, puis le Racing et puis le retour au football amateur : Linx (Allemagne), à voir passer les ballons au-dessus de sa tête, le SC Schiltigheim et l’US Sarre-Union désormais.

« Je n’ai aucun regret, je suis là et au niveau où je mérite d’être. Si je mérite mieux un jour, j’aurais mieux. Et j’ai toujours en tête l’idée de faire carrière », raconte plaisamment Adel Benchenane.

« La vie ne s’arrête pas à savoir taper dans un ballon »

En parlant tête, il n’oublie surtout pas de remplir la sienne, fréquentant l’IESA de Strasbourg en quête d’un Master en marketing.

« Mon père, Abdelkrim, et ma mère m’ont toujours poussé à faire des études. Et j’étais également convaincu de leur nécessité. J’ai toujours gardé ça en moi. C’est une sécurité. Surtout quand tu sais assez rapidement que tu ne seras ni Messi ni Ronaldo, plaisante le Bas-Rhinois d’adoption. Et la vie ne s’arrête pas à savoir taper dans un ballon. »

C’est pourtant sur un terrain de football qu’il est attendu samedi. Parce qu’une place à sauver en CFA est en jeu et que le temps presse. Son équipe n’a plus gagné en championnat depuis le 31 octobre, le vestiaire ne résonnant pas d’un cri de joie depuis quatorze rencontres.

Et même si elle reste sur quatre matches nuls, la frustration est grandissante, « surtout quand tous vos adversaires vous disent et vous répètent que vous méritez beaucoup mieux que la place que vous occupez ».

Adel Benchenane estime ainsi la situation « très rageante, à force de ne pas avancer à cause de petits riens », mais il veut surtout encore y croire. « Le jour où on mènera au score, on gagnera. Et quand on gagnera une fois, on enchaînera. »

Le plus tôt serait plutôt le mieux, le calendrier ne se remplissant plus que de sept dates désormais. Et le retard à combler allant grandissant.

« On peut le faire, et on va le faire », martèle le milieu de terrain aux six passes décisives en CFA. « Avec Fabrice (Oumedjkane) , on travaille dur. Il est très directif. Il ne laisse rien passer et il a raison. C’est ce qu’il nous fallait, plus d’exigence. »

Alors, samedi, face au leader du championnat, Adel Benchenane va faire sa petite prière « pour que tout se passe bien pour tout le monde » avant d’entrer sur le terrain, puis ne pas se faire prier pour être décisif. Être inspiré pour mieux respirer. L’effort collectif devra être violent, sa propre gestuelle toujours élégante…

Source DNA.fr

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