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Focus sur Koray Ozcan

27 mai 2016 - 12:14

Il sera du déplacement à Drancy, forcément décisif. Là-bas, les mains de Koray Ozcan ne devront pas trembler pour participer à un improbable exploit et continuer à croire au maintien.
Tour de main

Lui, comme il le dit d’abord joliment puis avec humour, il était arrivé dans ce coin d’Alsace « sur la pointe des pieds », autant parce que le Savoyard devait se faire connaître, mais aussi « pour qu’on puisse m’apercevoir ».

Aux yeux de tous – On parle là non seulement des supporters et de la plupart des observateurs, mais aussi de son coach et de ses coéquipiers –, Koray Ozcan était trop petit pour devenir un bon gardien de but.

Son mètre 75 semblait rédhibitoire, « comme souvent quand j’avais envoyé des CV en fin de saison dernière ».

« Notre saison en forme de montagnes russes correspond au relief du coin »

Dix mois plus loin pourtant, il n’est plus aussi petit que cela. Son coach d’alors (Éric Becker) et celui d’aujourd’hui (Fabrice Oumedjkane), puis ses coéquipiers l’ont adopté.

« Chaque fois, je me dois de convaincre. C’est comme ça, même si c’est irritant d’être jugé sur sa taille », soupire celui qui a passé de très longues saisons à l’ETG (Évian Thonon Gaillard), et partagé quelques séances d’entraînement menées par Pascal Dupraz.

L’été dernier, celui qui n’avait jamais quitté le domicile familial de Thonon-les-Bains avait choisi de s’en aller, de rendre ses mains utiles, là où elles n’étaient plus que des ombres chinoises. Même plus des doublures.

« Je ne regrette absolument rien, même s’il y a eu des hauts et des bas, dit-il avant de plaisanter. Notre saison en forme de montagnes russes correspond aux reliefs du coin, ceux de l’Alsace-Bossue. Mais je rencontre des gens formidables, vraiment. »

Il parle bien sûr des soubresauts de cette saison, de ce formidable parcours en Coupe de France surtout. « Quand j’ai signé ici, je n’en rêvais même pas, comme je n’osais pas rêver que j’allais jouer autant de matches en CFA finalement », reprend Koray Ozcan, qui a fêté en février ses 21 ans.

Jusqu’ici, il n’avait disputé que de rares matches en CFA2, puisque la cage de la réserve de l’ETG était la propriété du troisième gardien pro. Les jeunes, eux, étaient destinés à s’asseoir sur des bancs de touche, de plus en plus inconfortables, les mains croisées d’impuissance et d’insatisfaction.

« En venant ici, je voulais me prouver certaines choses. Je pense que j’y suis arrivé même si ce n’est pas à moi de le dire. J’ai l’impression que le public m’apprécie, que je suis un de ses chouchous. Je préférerais l’être un peu moins, et avoir quelques points de plus. »

Bien sûr, il a parfois (rarement) quelque peu déprimé, les réseaux sociaux comme partenaires de jeu. Mais toujours avec un soupçon de bonne humeur.

« Tu sais, quand tu te sens responsable d’un but, que tu rentres chez toi et que tu n’entends pas un bruit quand tu ouvres les fenêtres, c’est limite angoissant », rigole donc Koray Ozcan, locataire pour encore un peu plus d’une semaine d’un confortable meublé à Bischtroff-sur-Sarre. Là où il a pris pour copain un coq, l’un de ses plus proches voisins.

« Quand je ne vais pas trop bien, je pense surtout à Yusuf, mon père. Il se lève tous les matins à 6h pour s’occuper de l’épicerie turque dont il a la charge. Et moi, je vis uniquement du football. Franchement, si tu n’as pas le sourire avec ça ! »

Pour les deux derniers matches de la saison, les deux à remporter absolument, il se veut « extrêmement motivé », comme il le chante presque à tue-tête.

« Même très petit, il y a encore un espoir. Alors, on va se battre. Ce qui nous arrive est rageant. Mais si nous devons descendre en CFA 2, c’est que nous le mériterons », souffle-t-il tout en regrettant l’état d’esprit qui « nous avait portés en Coupe de France. »

« Travailler et croire fort que ça paiera un jour »

Et puis, on lui parle d’avenir, de son propre avenir puisqu’il était venu en Alsace uniquement le temps d’une saison pour reprendre son envol.

« Inconsciemment, j’y pense. Personne ne m’a encore contacté, semble-t-il regretter. Je me suis donné jusqu’à 25 ans pour aller plus haut. Il faut être patient, travailler et croire fort que ça paiera un jour. Je n’aime pas aller frapper aux portes. Et je ne m’interdis pas de rester si je n’ai pas d’offre sérieuse. »

Et puis, très vite, Koray Ozcan reparle de ce tout petit bout de saison restant à grignoter.

« Il y a ce que j’ai envie de faire maintenant. Et c’est ce qui compte vraiment. »

Donc, le jeune gardien de l’USSU veut absolument prendre des points ce samedi, comme une nécessité. Il les comptera avec ses doigts, espérant aller jusqu’à quatre. Demain, on le dira alors doué d’un joli tour de main.

Source DNA.fr

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