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Rencontre avec JP Djé

1 décembre 2016 - 10:04

Il est l’un des anciens de la maison bleue, celle de Sarre-Union. Depuis un peu plus de trois saisons, Jean-Philippe Djé est l’un des attaquants de l’USSU, qui empile à nouveau les buts.

C’était la saison passée, mais cette année encore. On était le 19 janvier 2016, Jean-Philippe Djé rongeait son frein presque autant que les ongles de ses doigts.

«Ce soir-là, j’étais suspendu. Impuissant à regarder les copains jouer sans moi. C’était très dur à vivre, mais si beau finalement.» Ce soir est devenu depuis le jour où Sarre-Union avait éjecté Niort de la Coupe de France, un jour forcément historique. L’USSU s’était qualifiée pour les 8esde finale.

«J’ai toujours joué dans des clubs de village, près des prés, des vaches et des montagnes»

Et quand Vianney Schermann avait marqué l’unique but de la rencontre alors que ses dernières secondes s’égrenaient, le placide attaquant de Sarre-Union avait bondi de joie.

Le buteur lui avait dédié son but, ainsi qu’à Martial Riff, alors blessé. «C’était énorme. Même si j’avais déjà vécu ça avec Raon-l’Étape, ça dépassait tout.»

Jean-Philippe Djé sera du tour suivant, face à des Lorientais pas désorientés qui mettront fin à l’aventure (0-4). «Une journée magnifique. Tu arrives au stade près de deux heures avant le match et tu vois tous ces gens qui se sont déplacés pour toi. Tu en as la chair de poule, c’est inoubliable. Il y avait plus de trois mille personnes, plus que la population de la commune.»

De cette aventure, il a gardé quelques rares maillots, la plupart donnés à ses parents, ou à des proches, «puisque le plus précieux est inscrit dans ma tête».

D’une voix toujours posée, Jean-Philippe Djé parle de son parcours, tortueux forcément mais finalement assez logique.

«Moi qui suis de la ville, j’ai toujours joué dans des clubs de village, près des prés, des vaches et des montagnes. Et finalement, ça me va très bien», sourit l’attaquant qui porte sereinement ses 27 ans.

Il rêvait certainement d’autres lieux que Jura Sud, Raon-l’Étape et Sarre-Union, d’autres stades que celui de Moirans, route de Saint-Laurent, que celui de Paul-Gasser ou que celui baptisé Omnisports. Il rêvait de projecteurs pétillants de lux, ceux braqués sur les pelouses de Ligue 1, de plus de luxe peut-être.

«Même si j’avais d’autres projets, je suis heureux de n’avoir vécu que de ma passion jusqu’à présent. Je me sens privilégié», reprend le Savernois d’adoption, ville où il réside avec sa compagne.

«Je n’ai pas encore réfléchi à mon avenir, je ne me vois pas entraîneur, pas plus éducateur ou animateur pour l’instant.»

Lui est footballeur, dans un monde amateur qui ne l’est plus vraiment, avec des joueurs qui ne sont pas vraiment professionnels, vivant de contrats fédéraux variant de 700 à 2 500 € mensuels.

Roi des contacts sans suite

«Les gens s’imaginent des choses. Mais, de début mai à fin juillet, on s’interroge sur son avenir, on ne sait pas de quoi il sera fait. On espère un coup de téléphone, il arrive parfois et il aboutit à rien très souvent», se force à sourire Jean-Philippe Djé, passé roi des contacts sans suite.

S’il avait bâti sa carrière sur des si, il serait footballeur en Écosse, en Turquie ou à Chypre quand le Racing avait mis fin à son contrat.

«J’ai fait des essais fructueux, les coaches étaient contents de moi. Mais, à l’arrivée, il manquait le budget pour me faire signer. Il avait passé six mois à ne rien faire, «écoeuré et triste de ce milieu impitoyable, presque sans foi.

« es choses sont ainsi , souffle Jean-Philippe Djé qui rebondira à Jura Sud, relancé et conseillé par… François Keller, l’éducateur du Racing et l’homme qui l’aura le plus marqué.

Puis il filera à Raon-l’Étape avant de prendre racine à Sarre-Union. «C’est un club vraiment familial et convivial, définitivement attachant. Dans le vestiaire, on est entre copains à rire de tout», surtout avec Thomas Zerbini peut-être.

Lui aura encore des occasions de partir, rejoindre le National. Des espoirs chaque fois déçu. «Ici, on me disait que ça se ferait, là-bas, on se fait prêter un joueur gratuitement par un club de Ligue 2. À chaque fois, je pensais que ça allait se faire.»

Et, à chaque fois, comme l’été dernier, Jean-Philippe Djé a fini par rempiler à l’US Sarre-Union.

«J’étais persuadé de mon départ, j’en avais informé tout le monde. Mais ce n’est pas un choix forcé de rester, je rassure tout le monde. J’avais des propositions en CFA et en CFA2 plus intéressantes financièrement», sourit celui qui vient de marquer quatre buts lors de ses quatre dernières sorties, retrouvant ainsi son efficacité.

Celui qui adore gratter les cordes de sa guitare, «ayant appris à en jouer tout seul», rêvant de faire de Thomas Zerbini «un bon danseur ou mon DJ», va cette fois gratter dans sa mémoire. Samedi, il retrouvera le Racing sur sa route.

«C’est du passé, même si ce club m’a laissé de bons souvenirs, et que j’y apprécie énormément de personnes. C’est un peu particulier pour moi, mais ça le sera plus pour nos supporters qui sont également ceux du Racing.»

Lui, Jean-Philippe Djé né le 4 février 1989 à Rouen, bat désormais les campagnes. Depuis près de quatre saisons, il renverse des montagnes, redonnant le sourire aux Bossus d’Alsace…

Source DNA.fr

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