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Rencontre avec Vianney Schermann

15 décembre 2016 - 10:10

En l’absence de Yann Schneider, c’est lui qui porte le brassard de capitaine. Mais Vianney Schermann n’a pas besoin de ce bout d’étoffe pour être le chef de meute de Sarre-Union.

L’“Indomptable”, saison 10

Son mode de vie, c’est de ne pas céder aux modes. Vianney Schermann, agitateur du côté droit de son équipe, le revendique presque sur ses traits qui évoquent Steven Gerrard.

Il se décrit comme « un joueur à l’ancienne, quitte à parfois passer pour un vieux con ». Puisqu’il porte quelques valeurs et s’emporte de ne plus les sentir assez respectées. « Quand j’étais arrivé en équipe senior à Sarrebourg, j’écoutais les anciens, j’allais regonfler les ballons, je portais les buts d’entraînement. Je faisais ce qu’ils n’avaient pas envie de faire. Ça me semblait naturel. »

« J’ai travaillé pour me mettre à niveau, bosser pour le rester »

Et puis, pour lui, le football « ne consiste pas seulement à taper dans un ballon ou à se changer dans un vestiaire », mais à partager certains moments de la vie d’un club.

Il dit que les temps changent, que le football tend à « ne devenir qu’un loisir » pour certains, là où il y avait matière à dépassement. « Les choses ne sont pas dûes. Quand je suis arrivé à Sarre-Union, j’ai travaillé pour me mettre à niveau, bosser pour le rester ensuite. »

Quand il était arrivé en Alsace-Bossue, il venait des collines lorraines voisines, où on vous apprend à rester droit, quand bien même le vent veut vous obliger à courber l’échine.

« Mes parents, Christian et Francine, m’ont appris à me dépasser, m’ont enseigné plein de valeurs », ponctue sobrement Vianney Schermann, enfant d’Hommert depuis le 16 avril 1987 (ou presque), joueur de Sarre-Union depuis juin 2007.

Il était arrivé, le club était presque aux anges d’être en DH, lui aussi d’ailleurs qui venait du deuxième échelon régional de sa province d’alors. « C’était le meilleur club du coin, pas loin de chez moi. Et puis, on est rapidement monté en CFA2, puis en CFA. »

Et on avait vraiment appris à découvrir Vianney Schermann, pour lequel les qualificatifs de la langue française manqueraient presque. Volontaire, engagé, têtu, hargneux ou taiseux, justicier, autant courageux qu’impétueux, vindicatif et mordant, rancunier et respectueux. Et puis, fin, dynamique et talentueux finalement.

Il est également presque certain que pour endurer tous les coups encaissés, il a appris à dribbler face à quelques taureaux costauds dans les pâturages lorrains.

Finissant même par les épuiser, lui qui ne peut achever un match « sans avoir tout donné », le maillot trempé de ses sueurs. Puisqu’il est généreux sur la pelouse, comme il l’est au club-house.

Un peu tête de mule même, « quand les choses ne vont pas sur la pelouse », comme il le dit, capable de s’en prendre au public si particulier du stade Omnisports, ou de considérer à tort ou à raison les arbitres comme ses bêtes noires. Il éclate de rire en disant ça, tout en précisant « détester les injustices ».

Surtout, Vianney Schermann a construit sa vie autour de quatre lettres. « C’est grâce à l’USSU que j’ai connu mes plus beaux moments sur un terrain de foot, et c’est grâce à elle que j’ai un bon travail. La fidélité est parfois récompensée. »

Tous les jours, cinq fois par semaine, il se rend dans l’entreprise de Roudy Keller, son découvreur es football en même temps que son manager général, où il est technico-commercial.

Même des propositions venues du National il y a deux saisons avaient à grand peine bougé ses oreilles. « Si j’avais eu 22 ou 23 ans, pourquoi pas. Là, non. »

Une fidélité qui lui a valu d’écrire une « magnifique page de l’histoire » du club.

Le 19 janvier dernier, il avait été l’auteur du but de la qualification face à Niort en 16es de finale dans les dernières secondes du temps réglementaire (1-0). Un but, mélange de puissance et de technique, comme de non renoncement, qui colle à ses traits.

« Quand j’étais gamin, c’est ce que l’on m’a appris. M’accrocher aux choses, penser que tout est à écrire et que tout est possible », souffle Vianney Schermann.

Samedi, il fera face à la réserve de Nancy, comme d’habitude, il priera un court instant, mais ne se battra pas pour arriver le dernier sur la pelouse, sa seule concession aux superstitions. Là, comme capitaine, il y arrivera en premier. La tête haute, bien haute. Qu’il vente ou pas…

Source DNA.fr

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