1 466 149 visites 9 visiteurs

Focus sur Feyzullah Simsek

11 août 2015 - 10:13

Il y a un peu moins d’un an, on était convaincu que Feyzullah Simsek ne ferait pas de vieux os à Sarre-Union. On s’était dit qu’un club encore plus huppé lui trouverait chaussures à ses pieds. Le milieu de terrain offensif, alors âgé de 22 ans, venait de vivre un très joli mois d’août.

Dans le petit monde du football, on parlait alors beaucoup de lui. Contre la réserve sochalienne, il avait marqué un but superbe, contre celle de Saint-Étienne, il avait récidivé. Le mois d’août 2014 avait été celui de belles récoltes.

« Et puis, je m’étais fissuré le ménisque du genou droit. On m’avait pronostiqué huit semaines d’absence », ponctue brièvement Feyzullah Simsek.

« Tu rêves de voir un ballon, tu ne vois que la tête d’un kiné »

Parce que le jeune homme est fou de football, qu’il vit mal l’éloignement prolongé des courbes d’un ballon, il avait voulu revenir trop vite. « J’ai été impatient. J’avais voulu disputer un match amical contre Mulhouse. Et j’ai subi la même blessure, mais à l’autre genou. J’en souris aujourd’hui, mais cette histoire m’a servi de leçon. Tu rêves de voir un ballon, tu ne vois que la tête d’un kiné pendant des jours et des jours. »

Tout doucement, le Nancéien de naissance se raconte. Il parle de la passion de son père Baki pour Fenerbahce, « des posters des joueurs du club » qui avaient repeint sans sobriété sa chambre d’enfant à Vandoeuvre. « En Turquie, le football est une religion. Tout le monde est croyant et pratiquant, parfois fanatique », éclate de rire le milieu de terrain offensif. Il raconte qu’il s’était très vite et très tôt mis dans les pas de ses trois grands frères.

« Ils m’emmenaient partout, je les suivais partout. Je jouais contre des plus grands que moi. Pour me sentir plus fort, j’avais appris à jouer aussi de mon pied gauche. »

Et puis, il évoque son long passage à Jarville, la terre du président “Peppone” (Isaac Niego) et de la famille Rigole, et de ses prés verts formateurs. « J’y suis resté huit saisons. Alain (Rigole) m’avait lancé en Coupe de France à Colmar, se souvient-il. On avait réalisé l’exploit, j’avais tout juste dix-huit ans. Je taquine parfois Thomas Zerbini sur le sujet, il était alors aux SRC. »

Parce qu’il a laissé une trace là-bas et que Feyzullah Simsek ne veut pas l’effacer, il y retourne encore quatre ans après son départ. « J’étais invité au barbecue de fin de saison. Il y avait cinquante invités, on s’était retrouvés à deux cent : les amis des amis sont les bienvenus », sourit-il.

Lui, il avait été repéré par l’AS Nancy-Lorraine, avec une saison devant lui pour convaincre qu’il pourrait devenir professionnel. Mais une blessure (déjà) l’avait écarté des pelouses et de son rêve. Il avait ensuite rebondi à Raon-l’Étape, y passant deux saisons. Multipliant les exploits en Coupe de France, ratant d’un rien la montée en National après un fameux match disputé face au… Racing à Épinal. Et Sarre-Union l’avait recruté. Douze mois plus tard, Feyzullah Simsek choisit donc d’y poursuivre l’aventure.

« J’ai été sollicité par pas mal de clubs de CFA, mais j’ai dit non. Quand je me sens bien quelque part, j’aime y rester. Et je me sens bien ici, explique le numéro 10 de Sarre-Union. Mes potes jouent ici, les dirigeants sont aux petits soins pour nous, et les supporteurs sont chaleureux. Ma famille est à une heure de route, elle vient me voir à tous les matches. Je ne me vois pas jouer au même niveau à cinq cents kilomètres d’ici. »

« Si un joueur affirme se satisfaire du maintien, je ne le comprends pas »

Bien sûr, il dit que si un club de National était venu toquer à sa porte, celui qui réside à Tomblaine aurait « un peu plus réfléchi ». Donc, il continuera à vivre du football sans avoir le statut professionnel. « J’y crois toujours. »

Et puis, il raconte être resté à Sarre-Union pour montrer sa vraie valeur sur la durée. « Je ne voulais pas partir comme ça, après seulement onze matches de CFA disputés avec lui. Je me sens redevable à ce club de m’avoir soigné, et je nourris pas mal d’ambitions pour lui. Le discours me plaît, on a envie de continuer à écrire une belle histoire. »

Lui, parce qu’il est un compétiteur né, n’a que le mot montée en bouche puisque seule la victoire le rassasie.

« Si un joueur affirme se satisfaire du maintien, je ne le comprends pas. Je ne vais pas sur une pelouse pour gagner simplement quelques matches dans une saison. »

Dans une semaine, tout repartira. Moulins sera la première étape de cet autre tour de France. Feyzullah Simsek tentera de pénétrer en dernier sur la pelouse élavérine. « Le souci, c’est que nous sommes nombreux à avoir cette superstition à Sarre-Union. Je suis prêt à faire quelques concessions. »

D’abord et surtout ne pas être le premier à sortir d’un terrain…

 

Source DNA

Commentaires

Les membres déjà inscrits sur le site de votre club :

  • 2 Présidents
  • 8 Dirigeants
  • 1 Entraîneur
  • 4 Arbitres
  • 8 Joueurs
  • 106 Supporters