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Focus sur Koray Ozcan

21 août 2015 - 09:45

Il a tout juste 20 ans, a été formé à l’Évian Thonon Gaillard sans prendre le profil d’un gardien de but pro. Alors, Koray Ozcan a rejoint Sarre-Union, un voyage de près de 400 kilomètres pour prendre de la hauteur.

Quand on le voit pour la première fois, on ne peut s’empêcher de penser que Koray Ozcan ne ressemble en rien au gardien de but moderne. Petit et fin, là où on préfère le plus souvent un grand, plutôt baraqué.

D’ailleurs Éric Becker, son coach, reconnaît tout sourire « avoir été surpris » par son gabarit, lui qui était habitué au double mètre d’Arnaud Muhr, quand il œuvrait à l’US Reipertswiller. Toutes proportions gardées, le nouveau gardien de Sarre-Union ressemblerait plutôt à un… muret avec son mètre 76 et son poids plumes (70kg).

« On te dit une fois non, alors que tu as rêvé dix mille fois d’entendre oui »

« J’ai l’habitude de voir les gens faire la moue quand ils me voient arriver, commence par dire avec humour le jeune homme, né à Thonon-les-Bains le premier jour du mois de février 1995. Je sais que je dois convaincre, montrer plus qu’un autre peut-être. C’est ainsi depuis des années. Je ne me suis jamais senti dans la peau d’un titulaire. C’est encore et toujours vrai ici. »

Alors, Koray Ozcan se donne une année pour convaincre, une trentaine de matches pour séduire. Il espère une saison pleine pour rebondir.

« Quand on m’a signifié que je ne passerai pas professionnel début mai, je n’étais pas préparé. C’est la première fois qu’un club me demandait de partir. On te dit une fois non, alors que tu as rêvé dix mille fois d’entendre oui. Je me sentais mal, comme jeté à la rue. »

Heureusement, David Barriac, l’entraîneur des gardiens de l’ETG, et Farid Touileb (le coach des U17), « les seuls à croire en moi », vont le réconforter, le deuxième ayant entraîné Thaon l’a mis même en contact avec Roudy Keller.

« C’est comme ça que je suis arrivé à l’USSU. Au début, c’était très dur. C’est la première fois que je quitte ma région et l’appartement familial. Senjul, ma maman, est comme toutes les mères, elle s’inquiète pour mon quotidien. »

Lui, qui réside désormais à Bischstroff-sur-Sarre, s’habitue petit à petit à sa vie moins citadine, précise en s’amusant qu’il ne va pas tarder « aller vertement parler au coq qui me réveille un peu trop tôt tous les matins, et tenter de calmer quelques chiens du coin », ma foi trop bavards, eux aussi.

Cela précisé, il revient vite quelques années en arrière quand Yusuf, son père, l’avait posé sur un terrain de foot. C’était juste avant de signer sa première licence à l’Olympique Thonon Chablais.

« Je crois que j’ai commencé à courir après un ballon avant de savoir vraiment marcher, éclate de rire Koray Ozcan. On a deux particularités dans la famille. Mes deux frères, mon père et moi, on est tous gauchers. Puis on supporte chacun un club turc différent, Fenerbahçe pour ma part, ce qui donne des soirées... insupportables. »

Celui qui avait débuté attaquant, joueur de champ donc, avait dû enfiler les gants un jour où aucun de ses copains n’en voulait vraiment, devenant alors un joueur-clé.

Et sa petite taille avait été vite compensée par sa vivacité, ses bondissements et ses réflexes.

« J’ai commencé par hasard. Puis j’ai très vite adoré. Sauter, plonger et pouvoir me salir sans me faire gronder, ça m’allait bien. Mon avantage, c’est de posséder un bon jeu au pied. »

Après deux saisons passées à la Section Sportive d’Allinges, il avait signé à l’ETG. Il avait alors quinze ans, la tête remplie de rêves. Cinq saisons avaient filé, la dernière devenant trop rapidement difficile.

Le meilleur chemin pour réaliser son rêve

« En CFA2, le club préférait aligner le troisième gardien de but professionnel. Avec les autres jeunes du poste, on n’avait que des miettes de temps de jeu. J’ai dû disputer cinq ou six matches. C’est dur de se montrer, de prendre confiance dans ces conditions. Je m’entraînais pourtant régulièrement avec l’équipe de Pascal Dupraz », précise Koray Ozcan, une petite irritation de colère perceptible dans la voix.

Alors, le ciel avait fini par lui tomber sur une tête rendue coucourde, ce si triste jour de mai qu’il aurait même dû pleuvoir. Il avait eu l’impression d’être abandonné, ne justifiant alors plus son surnom de “rigolo”.

Et puis, il se retrouve à Sarre-Union, sûrement loin de chez lui, mais « peut-être sur le bon chemin pour réaliser mon rêve ».

Lui veut continuer à « faire la fierté » de ses parents. Alors, son visage se détend, s’éclaircissant d’un souvenir.

Il y a deux ans, il lui avait manqué deux petits points pour obtenir le Bac après l’écrit. Grâce à l’oral, Koray Ozcan s’était très largement rattrapé. Cette fois, c’est à ses mains d’écrire la suite de l’histoire. Et rattraper le temps perdu autant que les ballons.

 

Source DNA.fr

Commentaires

Staff
Davud Cetin
Davud Cetin 22 août 2015 14:10
Entraîneur

Bravo Koray je te souhaite une très bonne saison

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