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Focus sur Amara Keita

25 août 2015 - 15:46

Défensivement, il a été à la hauteur. Et puis, c’est lui qui a marqué, mais Amara Keita préfère dire qu’il n’était pas tout seul dans sa chaussure droite au moment de trouver les filets.

Quand il déplace sa carcasse sur une pelouse, Amara Keita ne laisse pas vraiment indifférent.

Le défenseur central de Sarre-Union est ce qu’on peut appeler un leader naturel, à tout juste 26 ans. 90 kilos répartis sur 190 centimètres de haut peuvent impressionner le plus téméraire des attaquants.

« Dans chaque ligne, c’est bien d’avoir quelqu’un qui sait parler aux autres, les recarder, les encourager. »

Avant-hier, en l’absence de Yann Schneider, son habituel partenaire de jeu, désormais suspendu pour trois rencontres, il faisait affaire et la paire avec le jeune Redha Tergou, au cœur de la défense de l’USSU.

« Si Redha ne met pas sa tête, moi je ne mets pas mon pied »

« J’étais un peu le grand frère, j’apprécie ce rôle-là. De toute façon, je suis sur une pelouse pour le bien de l’équipe. Je préfère ne pas marquer un but pendant une saison et que tout roule plutôt que marquer et perdre », assure posément celui qui a été rebaptisé “El Comandante” lors de son passage à Raon-l’Étape, parce que fan absolu de Lucho Gonzales, un ancien joueur de l’Olympique de Marseille.

Alors, quand il a inscrit le seul but de la rencontre, après avoir imposé son physique jusque dans la surface adverse, il est (presque) resté sobre.

« J’aime monter sur les coups de pied arrêtés. Parfois, je vais au premier poteau, parfois au deuxième. C’est ce que j’ai fait samedi, j’ai filé au deuxième pour être là au cas où le gardien relâche le ballon, pour anticiper sur une faute. Ce qui me plaît bien, c’est que si Redha (Tergou) ne met pas sa tête, moi je ne mets pas mon pied. »

Effectivement, quand le gardien sochalien (Maxence Prévôt) ne fera que repousser la reprise du numéro 5 de Sarre-Union, c’est son numéro 4 qui placera, grâce à son pied droit, le ballon au fond.

« Je chausse du 47,5. Comme quoi, ça sert parfois des grands pieds, rigole Amara Keita. Mais je n’ai été que le point final de tous les efforts des copains. Franchement, on a su s’accrocher. Même dans les temps faibles, on a rarement été mis en danger. »

Et puis, Sarre-Union, revenu de Moulins « la rage au ventre » dixit Amara Keita, voulait absolument s’imposer samedi devant son public.

« On avait envie de séduire. Même si nous n’avons pas toujours été beaux, nous avons montré que nous avons du cœur. Alors, je suis satisfait. Quand j’ai marqué, j’ai juste pensé à ma famille. »

Celui qui est né et a grandi en plein bassin houiller lorrain, là où les forts en gueule se taisent et disparaissent derrière les poussières d’usine, se raconte.

« Le foot, je l’ai commencé à quatre ans. Tout le monde jouait dans la famille, tout le monde joue au foot là-bas. J’étais un joueur offensif, numéro dix. Ce n’est qu’à Nancy qu’on m’a mis derrière, car on avait besoin d’une carcasse comme la mienne. »

Avant ça, il y avait eu des passages par Farebersviller, Merlebach et Creutzwald, des patronymes qui résonnent le foot, aussi vivement que le bruit des crampons sur un vestiaire carrelé. Et donc, il y aura l’ASNL pour se parfaire.

« Quand j’ai eu seize ans, une simple blessure, une béquille à la cuisse droite, va briser ma formation. L’ancien médecin du club m’avait laissé partir en vacances, alors que je n’étais pas guéri. J’ai ensuite joué blessé, en forçant ma nature, sans jamais être à 100 % de mes moyens. Tout s’est alors calcifié. »

Le jeune espoir subira deux opérations, reprendra le foot après dix-huit mois de soins, s’en ira faire des essais en Turquie, puis en Belgique.

“El Comandante” aurait apprécié

Puis, il reviendra à Nancy, repris par Pablo Correa avec un statut d’amateur. « Je n’ai pas eu de contrat professionnel, je suis parti à Raon-l’Étape. »

Les Vosges seront cinq années d’aventures en Coupe de France (Nantes, Istres, Grenoble, Istres et Bordeaux) ou en championnat (match pour la montée en National face au Racing) avec des rencontres comme celles de Thomas Zerbini, Feyzullah Simsek et Jean-Philippe Djé, qu’il a rejoints cet été.

« Le défi proposé par Roudy Keller est de faire en sorte que l’USSU encaisse moins de quarante buts. Pour moi, c’est déjà trop », sourit Amara Keita.

En attendant l’heure du bilan, il a commencé par marquer des points. Qu’il s’est empressé de verser dans l’escarcelle collective. “El Comandante” aurait apprécié…

 

Source DNA.fr

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